Nous allons quitter, le temps d'un article, le domaine des voileux pour partager un safari photo au Kenya. Nous avons passé 6 jours dans les réserves, parcouru 3000 km en 4x4, ce qui est trop mais il fallait rouler beaucoup, les réserves étant bien distantes entre elles. Sur ces 3000 km il y avait 300 km de pistes dont la moitié assez difficiles.
Nous avons été étonnés de constater qu'à chaque sortie (nous en avons fait 8 dont 2 de 4 heures), nous avons eu, à chaque fois une surprise, une rencontre, une scène à laquelle on ne
s'attendait pas. Cela excitait évidemment notre curiosité et nous mettait en veille permanente... Et puis il y avait l'esprit photo. La motivation était réelle. Environ 3000 photos ont du être
prises, dont à peu près 1000 techniquement exploitables. (nous étions 6...)
Le rythme était plutôt soutenu... réveil vers 7 heures... départ vers 7h et demie... déjeuner dans un lodge... retour au coucher du soleil.
Nous avons visité 4 réserves :
-
Massaï Mara (pour les lions et les guépards principalement).
-
Nakuru (pour les oiseaux et les rhinocéros).
-
Amboseli ( pour le Kilimandjaro et les éléphants).
-
Tsavo East (pour les crocodiles).
Le soir on dormait dans des lodges. Chaque lodge avait son propre caractère. Le Sentrim camp près du Kilimandjaro remporte la palme : Se réveiller à 6 heures du matin et contempler le lever
du soleil sur le Kilimandjaro en sortant de la tente... cela laisse tout de même des souvenirs.
Dans un premier temps nous avons été surpris par 3 choses :
Tout d'abord, l'altitude : En arrivant le premier soir dans le premier lodge, nous sommes étonnés de constater que nous sommes à 2700m. En fait Nairobi et son aéroport, à 300km de là, sont à 2500m. On ne s'était pas rendu compte de l'altitude... Nous sommes en février... donc en pleine saison des sports d'hiver façon kenyane : On ne fait pas de ski, on fait du 4x4.
Par ailleurs, même après avoir lu dans le guide du routard que la conduite était à gauche, (effectivement le volant est à droite), nous sommes un peu surpris par la conduite du chauffeur :
Il roule tantôt à droite, tantôt à gauche, double à gauche, à droite... un vrai festival mais on s'y fait et ça se calme les jours suivants... on s'y fait. Certaines pistes sont infernales...
cela me rappelle Djibouti et la piste de Kor Ambado... la seule qui cassait les Jeep.
La placidité des fauves est étonnante. Tout particulièrement les lions et les guépards qui ne bronchent absolument pas quand le 4x4 s'approche d'eux à 15m... comme si on avait planté un
piquet. De toute évidence les animaux sont conditionnés par la présence humaine. Nous avons compté jusqu'à une douzaine de 4X4 autour de 3 guépards dérangés dans leur sieste. Cela frisait évidemment le grotesque et le tourisme
idiot. Mais heureusement, cela ne se reproduira pas les jours suivants. En fait les chauffeurs et guides étaient très respectueux de la nature. D'autre part si cette placidité nous a
beaucoup étonné dans le Massaï Mara, cela deviendra beaucoup moins évident par la suite et nous assisterons même à une colère d'éléphant et à une dangereuse charge d'hippopotame. Dans
la réserve Tsavo East, on n'a pas trop envie de jouer avec les crocodiles. Une quinzaine de rangers, en 10 ans ont payé de leur vie la dangerosité de leur métier, les accidents arrivant plutôt
avec les hippopotames, les buffles, les rhinocéros et les gnous... et ce n'était pas des amateurs. Le MassaÏ Mara est par aillieurs le théatre d'une migration annuelle qu'on arrive pas
à bien expliquer : 2,5 millions de gnous, 500 000 gazelles thomson, et 250 000 zèbres migrent vers le Serengeti.
Un avertissement au sujet des photos : Elles proviennent de toute l'équipe et presque toutes été retouchées, en particulier pour une meilleure cohérence. L'aspect créatif est
plutôt escamoté : En effet beaucoupt ont été prises du toit du 4x4 car bien sur, toute sortie du véhicule était interdite. Ces prises de vue plongeantes peuvent être rébarbatives mais c'est aussi
la loi du genre. Les lumières d'Afrique ne sont guère attrayantes pour le photographe sauf le soir pendant une demi heure : Le reste du temps un voile d'altitude empêche la révélation des
contrastes... par exemple les photos du Kilimandjaro ont demandé un gros travail photoshop. Les photos sur l'île Crescent font partie des rares photos prises hors du
véhicule... l'ile Cressent sur le lac Naiwasha est le lieu où fut tourné "Out of Africa".
Pour structurer le récit, j'ai choisi cette quinzaine de « spots » avec quelques photos repères et des albums photos dédiés aux animaux ou aux situations :
- Le combat des impalas.
- Les guépards et les lions.
- L 'éléphant en colère.
- Le fun du zèbre.
- Le sarcochère.
- La gosse surprise : Le caracal.
- Le village Massaï et l'école.
- Les rhinocéros.
- Out of africa et les hippopotames.
- Les aigles et les oiseaux.
- Amboseli : Les éléphants du Kilimandjaro.
- Les singes.
- Les insolites.
- La photo en safari / quelques conseils à prendre ou à laisser.
C' est à la fin d'un virage que nous avons assisté à un combat entre mâles Impalas. En fait les gazelles, environ une trentaine étaient totalement indifférentes au combat qui a
fini par se dérouler à une dizaine de mètres du 4X4 dans un bruit de bois enchevêtrés. Cela a duré longtemps et nous n'avons pas attendu le résultat.
Les guépards et les lions ont été troublés dans leur sieste. Le lion dort 20 heures sur 24, presque autant qu'un ouvrier de l'arsenal . La cohabitation est étonnante : Ils acceptent notre présence mais aussi celle des autres animaux. La lionne qui est au repos avec ses petits lionceaux à cinquante mètres a bien senti le troupeau de gazelles à 200 mètres... mais rien ne se passe... ce n'est pas l'heure du repas.
Un vieux lion fait sa sieste sous un arbuste... Il soulève vaguement une paupière... une mouche le gène... Il ressemble au vieux cow boy dans « Il était une fois dans l'Ouest »
dans la scène de la gare, avec la mouche...
Les éléphants du Massaï Mara nous ont amusés au début : Une partie de cache cache dans un buisson, qui a duré longtemps... Un doublé éléphant/girafe comble les photographes... (les photos qui
montrent 2 voire 3 espèces d'animaux sont plus intéressantes...) et tout à coup ça se gâte : Un éléphant sur la piste a décidé de ne pas nous laisser passer et le hors piste n'est pas
praticable... Le chauffeur s'approche à 10m, 5m, fait ronfler l'embrayage, le 6 tonnes va sur la droite, revient, tape du pied et agite ses immenses oreilles, fait face... visiblement, il est
furieux. Le chauffeur profite d'une trouée pour le dépasser et l'éléphant va jouer avec les gazelles. Un éléphant qui fait la tronche ( je dis bien la tronche... pas la trompe... ahuri...)
ce n'est pas beau à voir.
Par la suite, un peu étonné par l'attitude du chauffeur qui s'approchait très près de la bête, il m'a expliqué que dans un cas comme celui là, il est plus prudent de s'approcher le plus possible de l'animal pour ne pas lui donner la distance nécessaire pour charger... il lui faut au moins 50m pour lancer la bête.
Un soir, à quelques kilomètres du lodge, un zèbre nous fait un délire... ça devait le gratouiller dans le dos. De plus la lumière est bonne et ça nous donne l'occasion de quelques photos
amusantes. A la fin de sa prestation il nous a même fait une révérence.
Ce même jour, nous rencontrons un Sarcochère. C'est une sorte de mutant issu d'un croisement tout à fait exceptionnel entre une espèce européenne et un cochon africain : Même front
intelligent, peut être un peu borné, légèrement bas-duc, avec de toute évidence la même façon, tête baissée, d'aborder les problèmes. Bref tout à fait le genre de mec avec qui on n'a
pas envie d'aller prendre un pot.
Une grosse surprise nous attend : On tombe en
arrêt devant une très belle bête. Le guide parle de chat... vérification faite, il s'agit d'un caracal, animal nocturne dont la présence de jour est exceptionnelle.
La visite du village Massaï nous a un peu surpris : Difficile de discerner le factice du réel... Le fils du chef (si le chef a un fils...) porte une montre à quartz et il est probable que
le téléphone portable n'est pas très loin. Par la suite on nous montrera comment démarrer un feu avec 2 morceaux de bois... pour le coup ça fait rustique. Une antenne parabolique pointe pas loin du zénith … normal
nous sommes à l'équateur. Nous avons le droit à des danses : Les femmes ne sont pas terribles et elles ne se fatiguent pas trop. Le chant des hommes est plus mélodieux et se réfère à une
situation : La chasse... la bienvenue... et une danse amusante qui consiste à sauter le plus haut possible. Une femme coûte 20 vaches. Si le Massaï saute très haut, ça lui coûtera moins cher...
Dans tous les cas, c'est assez spectaculaire.
Annie à
trouvé un copain en la personne du guide et fait l'interprète. Le guide ne saute pas en l'air et ça me rassure un peu.
L'habitat Massaï est épouvantable. Impossible de prendre une photo : Il n'y a aucune lumière. On étouffe. 3 « pièces » sur 8m². Un feu qui enfume... Une vague aération ou plutôt un trou qui permet de survivre... Et de la crasse, beaucoup de crasse... ce qui est en opposition totale avec la grande propreté des tissus et des vêtements que portent certains MassaÏ. Là, il y a un mystère... Le chef a du faire une Ecole de Commerce ou de Marketing... mais pas aux US ou à Shanghai... plutôt à Palerme ou à Naples : Le racket va bon train et la galerie marchande est un passage obligé. Bizarrement, ce n'est pas du toc et nous apprendrons plus tard que les prix étaient plutôt bas.
Le soir au bar du lodge, nous retrouvons le fils du chef qui sirote une bière avec un pote... sic...
La visite de l'école est émouvante. Dès l'entrée, 2 choses nous surprennent : D'abord la clôture de barbelés mais ce n'est pas pour les enfants, mais contre les bêtes sauvages.
Egalement surprenant, leur uniforme d'élève comporte un pull over, un vrai, en laine, comme en Bretagne. D'accord nous sommes en février mais la température est de 25-28°C. Manifestement pour
eux, il ne fait pas chaud...
C'est l'heure du repas et ça piaille de partout... Ils veulent tout savoir... Le Directeur nous fait visiter son école (400 élèves – 14 profs). Les gosses font la queue, plutôt en ordre,
pour la cantine. Le repas consiste en une ration de maïs. Ces instants passés avec ces gamins qui ressemblent évidemment... bien évidemment aux nôtres, sont de purs moments de bonheur.
Le lac NAKURU nous offre des paysages grandioses. « Out of Africa » est là. Denys survole avec son biplan le lac avec ses flamands roses. Karen l'attend dans sa
ferme... Nous, nous n'avons pas d'avion, mais un 4x4 un peu pourri mais solide, et le roi est notre cousin.
Du grand spectacle : Des rhinocéros un peu partout, des milliers d'oiseaux,
des buffles qui ont des sales têtes, avec leur oiseau qui mange les parasites sur leur dos, des gazelles en plein galop, une girafe qui fait sa timide et qui ne veut pas se montrer... ça
mitraille de partout et en rafale. Philippe, passionné de photos d'oiseaux est en transe.... Je pense que si on le laissait là, avec un oreiller, une bouteille d'eau et quelque Giga-octets,
il camperait sur place une quinzaine de jours.
Nous avons un peu de de temps devant nous et Andrew, notre guide nous propose une surprise : Elle est de taille : Il nous amène sur l'île Crescent, là où « Out of Africa » fut tourné.
Ils avaient amené des animaux spécialement pour le tournage. Ils sont restés là par la suite et sont totalement familiers, sauf si on ne comporte pas correctement : Par excès de zèle, un guide
nous amène voir de trop près une mère hippopotame et son petit de 2 jours... Je n'en crois pas mes yeux... Le type est un vrai cinglé... nous sommes à 5m de la bête et ça ne rate pas... elle
fait plonger son petit d'un coup de patte et elle charge... Le guide fait moins le malin... heureusement le moteur répond et on s'écarte très vite. Mais comme la connerie est souvent
répétitive, il renouvelle sont exploit sur une autre famille qui se préparait pour aller à la messe (nous sommes Dimanche...).
Ce coup là, ça ne passe pas... nous n'avons pas fait 7000 km pour
emmerder des hippopotames. Je lui balance une cassante, accompagnée de mon regard bleu acier qui tue et qui a fait ma terrible renommée dans l'Arrondissement Maritime de Brest. Il opine du
chef... normal c'est lui le chef. L'incident est clos mais nous pensons réellement que nous avons eu chaud.
La suite nous offre une marche parmi les animaux, avec un guide... un jeu avec les aigles qui consiste à les repérer à 200m, les appâter avec un petit poisson et tenter de photographier le
vol jusqu'à l'eau. Il faut être rapide à ce jeu là. C'est Philippe qui l'emporte haut la main.
KAREN BLIXEN est très présente : Elle a laissé son nom à une école, un hôpital, un centre culturel... on la retrouve un peu partout. Nous passons près de sa maison mais le temps presse maintenant.
C'est le parc national d'Amboseli qui nous enchantera le plus. La route vers la Tanzanie... l'arrivée le soir au pied du Kilimandjaro, le sommeil, sous la tente, un peu
perturbé par le bruit des fauves et des oiseaux qu'on ne sait pas identifier. Le cliché est évident : Les éléphants partout, les magnifiques acacias si typiques dans la savane africaine et
toujours en fond d'écran le Kilimandjaro. On parle peu... chacun savoure...
Puis c'est la visite de la réserve de Tsavo East à la recherche des crocodiles. En fait nous n'en verrons qu'un. Il roupille, ou fait semblant. Pas envie de le caresser : De toute manière il est trop loin.
Il n'y a pas que des animaux sympatiques. Il y a en particulier les serpents qui sont partout... mais comme on restait la plupart du temps en 4X4, ça allait.
Philippe a quand même trouvé un Mamba au sortir de sa tente. Il tue plus vite que le Cobra... il a néanmoins eu le temps de le photographier.
Nous avons aussi rencontré l'immonde hyenne, le chacal aux longues oreilles, un orynx et un varan de 2m qui ne voulait pas nous laisser passer. Andrew nous montre à quoi ressemble une mouche Tsé Tsé.
Il est toujours possible de donner quelques avis concernant la photo au KENYA. Il ne s'agit que d'une expérience qui n'aurait en aucun cas la prétention d'être une "leçon" :
- Les problèmes d'exposition sont permanents et il ne faut pas hésiter à fermer d'un diaphragme. Les adeptes du braketing seront à leur aise.
- Laisser tomber le raw et s'orienter résolument vers le jpeg fine surtout si le but est de mettre les photos sur un support type PC.
- Un classique zoom de voyage 18-200mm APS-C sera probablement frustrant. Monter dans les grandes focales type 300 voire 400 pour les oiseaux est fréquent. Le zoom stabilisé est un plus.
- Le problème de la profondeur de champ est évidemment constant : Ne pas hésiter à monter les dans les iso... démarrer à iso 400 et si besoin monter franchement... 800... 1600 en laissant tomber les réglages intermédiaires, comme ça on a rapidement du résultat... pour l'éventuel bruit électronique, il sera réglé plus tard en post-traitement.
- Au Kenya, il faut être rapide : On n'a pas le temps de fignoler les réglages, et puis quand on fait de la photo, on ne fait pas de l'informatique - la réciproque n'est pas vraie d'ailleurs - pour être vraiment opérationnel il est souhaitable d'adopter des réglages simples : AF sur S et un seul point de réglage central si on veut éviter un mal de tête. Travailler en mode P en laissant tomber le mode AUTO qu'on devrait supprimer sur un Reflex . En fait, il est souhaitable d'adopter l'état d'esprit suivant : Se concentrer sur la photo et son sujet et se faire plaisir lors de la prise de vue, ramener des fichiers à peu près corrects à la maison et travailler en post traitement. A vouloir tout faire d'un coup, on peut tout rater d'un coup.
- Utiliser le flash pour les portraits africains.
- Le filtre UV ne sert à rien, sinon à protéger l'objectif... pour ma part j'avais un fitre polarisant qui me sert principalement en mer. Il m'a donné de bons résultats dans le renforcement des ciels bleus... c'est une propriété peu connue du filtre polarisant. J'ai l'intention de creuser davantage ce domaine. J'aurai du le faire avant de partir.
En guise de conclusion je propose cette photo : A priori elle paraît banale... en regardant de plus près, 2 remarques me viennent à l'esprit :
- Nous sommes à 200m d'un troupeau d'éléphants, assis à la terrasse d'un lodge, vers la fin du séjour dans TSAVO EAST et nous sommes pratiquement indifférents à leur présence... cela explique un peu notre surprise du début, quand la placidité des fauves nous étonnait : On s'habitue très vite à la proximité des animaux sauvages et c'est réciproque... comme si on était fait pour vivre ensemble.
- Une clôture électrique nous sépare et nous protége, mais en fait c'est nous qui sommes en cage... pas eux...
Je comprends que l'on puisse devenir accro de ce pays là...
Nota 1 : Dans le module "ALBUMS PHOTOS" on trouvera une dizaine d'albums concernant ce safari.
Nota 2 : Un coup de pub pour Philippe... En fait il est peintre animalier et possède une galerie près de La Rochelle. Son site : www.art-animalier.fr

Spring brings an abundance of puffins and seals whilst autumm delivers rare migratory birds.
More than 400 birds are recorded on the islands as residents or migrants. But you have to be careful whith the multitude of seagulls you will see everywhere. They may become agressive if you feed
them. It's not the same problem with sparrows.
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