Vendredi 15 octobre 2010
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Le premier contact avec la Turquie est une surprise : Le premier soir, en nous promenant dans les rues de Bodrum, on tombe en arrêt devant un westie qui prenait un pot avec ses
maîtres à la terrasse d'un café ; en fait il habitait Istambul et passait ses vacances dans le sud de la Turquie avec ses patrons... pensée émue pour Bridget Jones, notre westie qui est
restée à Brest.
Mais nous
sommes vite dans le bain : Appareillage le lendemain, de bonne heure, de bonne humeur et on se retrouve rapidement sur la mer jolie. Le port de Bodrum est étonnant : Pas moins de 450 goélettes,
ketchs, caïques sont au mouillage. En pleine saison, c'est de la folie.
Roman est le nom de notre bateau: 60 tonnes de déplacement, 24m de long, 7,30m de bau, il ressemble un peu à une savonnette...Tirant d'eau 2,50m, 360CV sur 8 cylindres qui propulsent
péniblement le bateau à 5 nœuds, la moitié de sa vitesse limite. 2 tonnes de gasoil, 5 tonnes d'eau douce. En fait ce n'est pas la puissance qui manque, (on trouve couramment 400cv sur un
chalutier breton de déplacement équivalent.) Ce qui pose problème - je m'en rendrai compte plus tard en allant jeter un coup d'œil - c'est la taille de l'hélice qui est trop
petite avec un pas mal adapté. Je pense qu'ils ont fait cela pour limiter la consommation. Comme ça, à cette vitesse là, on aura le temps de voir le paysage. Il n'y a pas de voile, les mats sont
là pour la déco. Coté navigation, absence de sondeur, de loch, d'indicateur d'angle de barre, de radar et le GPS est dans le carré, à 10m de l'homme de barre. J'oubliais : Il y a seulement 2
cartes à bord et les extincteurs ne sont pas vérifiés. Fin de l'inspection générale.
En clair un bateau comme celui là en France n'aurait
pas le droit de quitter le quai.
Mais tout ça n'a aucune importance : Le bateau flotte et continuera à flotter jusqu'à notre retour.
Quand on veut rentrer à l'intérieur du roof, il faut laisser les babouches à l'extérieur, comme dans les mosquées. En fait c'est pour ne pas rayer les parquets.
L'équipage est super : Le Capitaine Özkan, la trentaine, se débrouille comme un chef et le chef, Memhed nous a fait une cuisine superbe. Ali le mousse ne perd pas une occasion
de nous faire rigoler... seul petit défaut : Un peu limite coté pêche... Il connait 3 mots en français : Bonjour – apéro – bon appétit. Et de plus il se révélera un disc jockey efficace lors de
la ribote du Samedi soir. En fait leur rythme de travail est très soutenu : Ils "tournent" d'Avril à Octobre sans interruption. Pendant le reste de l'année certains vont s'occuper des
olives.
La croisière dure 6 jours dans le golfe de la GÖKONA. La baie a une profondeur d'environ 50 nautiques. En fait nous avons parcouru environ 120 nautiques au total. NO PANIC...
NO STRESS. On ne s'est pas beaucoup énervé... baignade... sieste... balade... Une balade à Marmaris. Les mouillages s'appellent Yildis, Kara Ada, Mazi, Gerence, Küffre, Port aux
Anglais,Tuzla, le chantier de Cökertme, Karjicik.
La série de photos qui vont suivre donnent un petite idée des occupations à bord.
Le capitaine a parfois des difficultes à se concentrer sur son cap
Un corps expéditionnaire est descendu à terre pour voir s'il y avait quelque chose à gratter et éventuellement pour tenter d'établir des contacts pacifiques avec les indigènes. Le bled se nomme
MAZI.
La route est raide... au bout de 4km, on trouve un point d'eau et on boit une bière. Sur le chemin du retour nous croisons deux vaches. Elles montent la route, tranquilles, comme deux petites
vieilles qui vont aux vêpres. En France, elles seraient rapidement transformées en steak haché, d'autant plus qu'elles roulent à gauche. Ca ne rate pas : Un kilomètre plus loin une vieille
dame cherche ses vaches... c'est ce que nous comprenons car elle pointe ses deux index de part et d'autre de sa tête. On la rassure.
Soudain des coups de feu... les coups vont par paire... ouf c'est un chasseur. Nous croisons un type et tant pis je me lance - Il faut préciser ici que ma connaissance de la langue turque
s'améliore de jour en jour - "çe koa se börr dell" lui demande je... Il comprend, ajuste ses coudes le long du corps et agite les mains pour simuler un volatile... mon turc est bien passé...
Sehir Adasi est une île superbe au fond du golfe près d'Orta. C'est probablement le meilleur souvenir de la balade. Cléopâtre y séjournait avec Marc Antoine. Ce dernier, pour lui faire plaisir
avait ramené du sable du Nil. Du coup la plage est interdite, quadrillée par des piquets, et il faut faire le tour pour se baigner.
L'ile est petite, environ 2 km sur 1 km. Nous avons de la chance : Nous sommes seuls. En été c'est l'horreur... Cest la foule. La quiétude est totale. Cléopâtre peut féliciter son agence de
voyage pour lui avoir déniché un coin pareil. Il y a un temple, un palais, un amphithéatre de 2000 places, bref de quoi camper...
Suivront d'autres visites. Marmaris est le Saint Tropez de la Turquie. L'été, il y a jusqu'à 15 bateaux de 120/150 m avec 500/600 passagers par bateau et par jour!!!. En ville le bazar est le
palais de la contrefaçon.
Les montres Rolex, les polos Lacoste et les sacs Vuiton... Un vrai festival...
Plus intéressante est la visite de Dalyan et de ses environs. Une heure de route pitoresque, visite de la ville et une très jolie balade à bord d'un caïque à travers les roseaux et les
marécages.
On glisse le long des falaises roses, creusées de tombes rupestres, de style lycien (400 ans avant JC). On marchande des crabes bleus et nous avons le droit à une danse de tortues appatées par
les pêcheurs.
On pousse jusqà
la plage d'Ituzu, là où les tortues pondent et enfouissent leurs oeufs.
Puis c'est le retour vers Bodrum : Encore quelques mouillages et la visite du chantier naval et nous disons "au revoir" à la petite sirène du Port aux
Anglais.
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